Vous êtes ici : Accueil » William Penny

William Penny

William Penny naquit à Peterhead, en Écosse, en 1808 ou 1809. Sa mère s'appelait Helen Robertson. Il n'avait que douze ans lorsqu'il accompagna son père (également le capitaine William Penny) dans une expédition de chasse à la baleine au détroit de Davis. La mer continua toujours d'attirer le garçon par la suite.

Penny trouva du travail régulier sur les baleinières arctiques, puis devint capitaine en 1835, année qui se révéla désastreuse pour l'industrie baleinière britannique dans le détroit de Davis. Six navires s'échouèrent, onze furent prisonniers des glaces et 135 hommes moururent du scorbut et d'engelures au cours de l'hiver. Penny ne perdit aucun navire, mais gagna la conviction qu'il fallait établir des stations baleinières permanentes et sécuritaires.

D'accord, mais où? La baie de Cumberland, une grande crique inhabitée, aux eaux navigables jusque tard dans l'année, ferait parfaitement l'affaire. Les baleiniers en avaient eu vent, sans connaître son emplacement exact. En 1840, le jeune Inuk Inulluapik guida Penny dans la baie. Si celle-ci se révélait un terrain de chasse à la baleine extrêmement profitable pour les Qallunaat, Penny arriva trop tard cette année-là et repartit bredouille.

L'industrie baleinière britannique étant diminuée, Penny dut attendre trois ans avant d'obtenir un autre navire. Cela lui permit de passer plus de temps avec sa nouvelle épouse, Margaret Irvine. Leur premier fils mourut en bas âge, mais ils eurent bientôt une fille, Helen, la première de quatre enfants. En 1844, Penny mit à nouveau le cap sur la baie de Cumberland.

Tout en remplissant son rôle de baleinier, il dirigea les premières recherches pour retrouver l'explorateur britannique Sir John Franklin. Il se lia d'amitié avec la femme de celui-ci, Lady Jane, puis obtint le commandement de l'une des nombreuses expéditions officielles de secours en 1850-1851. On ne retrouva jamais Franklin, mais l'expérience enseigna à Penny l'efficacité du traîneau à chiens et de l'hivernage à bord.

Il retourna dans la baie de Cumberland en 1853-1854, pour y prendre volontairement dans les glaces, à Nuvujen, ses deux navires, le Lady Franklin et le Sophia. Au printemps suivant, il fut le premier capitaine qallunaaq à pêcher la baleine à la lisière des glaces. Le voyage fut couronné de succès, encourageant Penny à hiverner trois autres fois dans la baie et à établir des stations baleinières permanentes à Kekerten et à Nuvujen. En 1857, il transporta le Moravien Matthäus Warmow, premier missionnaire à se rendre dans la baie de Cumberland. Son épouse Margaret l'accompagna aussi deux fois. Toujours à l'avant-garde des progrès technologiques, Penny fit son avant-dernier voyage au commande d'une nouvelle baleinière, le Polynia, munie d'un moteur à vapeur.

En 1864, Penny fut contraint de prendre sa retraite, personne ne voulant plus l'engager. L'industrie baleinière écossaise déclinait, c'est vrai, mais Penny était un homme entêté, aux idées bien arrêtées et aux plans plus grands que nature. Si ces traits de caractère lui avaient permis d'expérimenter techniques et terrains baleiniers, ceux-ci représentaient aussi un risque pour ses employeurs. En 1867, sa fille Janet écrivait : « Pauvre Papa, il a tout essayé pour obtenir un navire, en vain. » (1) Néanmoins, il avait accompli de grandes choses et vécut longtemps. Il mourut d'une hémorragie cérébrale à Aberdeen, le 1er février 1892, à peine six mois après le décès de sa Margaret.

(1) Janet Penny dans Ross (dir.), This Distant and Unsurveyed Country, p. 219.