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Sidney O. Budington

Portrait du capitaine baleinier Sidney O. Budington de New London au Connecticut 70 Ko Portrait du capitaine baleinier Sidney O. Budington de New London au Connecticut

Le capitaine Sidney Ozias Budington naquit en 1823, dans une importante famille baleinière du Connecticut. Ses parents s'appelaient Alonzo et Hannah. Budington prit la mer pour la première fois à 13 ans. Trois ans plus tard, il voguait sur sa première baleinière, dans l'océan Pacifique et l'océan Indien. En 1850, il épousa sa petite amie de longue date, une enseignante dénommée Sarah Knowles, à qui il fit trois filles. La même année, il fit sa première visite au détroit de Davis. Au cours des 23 années suivantes, il accomplira douze autres voyages dans l'Arctique.

En 1851, Budington, navigant sur le McLellan, fit partie du premier équipage qallunaat à passer l'hiver dans la baie de Cumberland. Le succès indiscutable de ce voyage l'encouragea à hiverner à nouveau à cet endroit lors de son périple suivant. Il revint avec 24 baleines et 1 000 peaux de phoques, ce qui lui valut un excellent profit. Le voyage suivant fut un désastre. Il se rendit à la baie de Frobisher, n'y prit aucune baleine et perdit treize hommes au scorbut (une carence en vitamine C). Un Inuit enregistré sous le nom King-wat-che-ung ou « Bob » lui sauva la vie. On croit qu'il nourrît Budington avec des aliments frais contenant la précieuse vitamine C absente des viandes conservées à bord des navires. En 1860, Budington déclara que, si le scorbut se manifestait à nouveau parmi ses hommes, il abandonnerait immédiatement la viande du bateau pour leur donner des aliments frais. Comme les autres capitaines de baleinières, il dut se fier aux chasseurs inuit pour obtenir de la viande fraîche.

En 1871, l'explorateur américain Charles Francis Hall embaucha Budington, qu'il plaça à la tête de son expédition au pôle Nord. Il semble que celui-ci faisait une franche distinction entre les « chasseurs de graisse » (son expression pour parler des baleiniers de sa trempe) et les explorateurs comme Hall. Selon le capitaine George Tyson, également à bord, Budington espérait secrètement saborder le navire de l'expédition près d'un campement inughuit, passer l'hiver là, puis revenir gratuitement aux États-Unis en passant par le Danemark. Bref, il souhaitait profiter de vacances payées; risquer sa vie pour atteindre le pôle Nord ne l'intéressait pas. (1)

Si là était le plan de Budington, celui-ci ne l'admit jamais. Par contre, il y eut de nombreux affrontements publics entre Hall et lui, dès le début du périple. Lorsque Hall mourut en novembre 1871, plusieurs hommes soupçonnèrent Budington de l'avoir tué. Les enquêtes subséquentes conclurent qu'on avait administré à Hall de fortes doses d'arsenic dans les dernières semaines de sa vie. Il est peu probable que Budington ait été suffisamment dans son intimité pour commettre ce crime.

L'expédition se poursuivit, mais Budington ne tenta jamais sérieusement d'atteindre le pôle Nord. Pendant le voyage de retour, il ordonna à son équipage d'abandonner le navire après avoir frappé un iceberg. Une tempête fit dériver le bateau, laissant dix-neuf membres de l'expédition sur la glace, littéralement. Leur sauvetage eut lieu six mois plus tard. Budington et son équipage réussirent à mener leur bateau endommagé dans la baie de Foulke, dans le nord du Groenland, où ils passèrent l'hiver. Au dégel, ils laissèrent l'épave aux Inughuit du coin, puis mirent cap au sud à bord de petites embarcations, jusqu'à ce qu'une baleinière les prenne à son bord.

Budington fut officiellement exonéré de tout blâme à la suite de l'enquête officielle des États-Unis, bien qu'il dût admettre ses soûleries et son insubordination envers Hall. Sa réputation ne se rétablit jamais complètement. En fait, il n'alla plus jamais en mer. Il mourut en 1888.

Avec le temps, Budington devint très proche de plusieurs Inuit de la baie de Cumberland. Au moins sept Inuit visitèrent les États-Unis à bord de ses baleinières. Malheureusement, la maladie emporta quatre d'entre eux, que ce soit à bord ou en Amérique. Plusieurs Inuit sont inhumés ou ont un monument près de la tombe de Budington, dans le cimetière Starr de Groton, au Connecticut.

(1) Paroles de Budington, rapportées à Noah Hayes par George Tyson, le 4 avril 1874, 1. Archives de George Tyson, Achives nationales, College Park, MD.