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Les capitaines baleiniers
Chasser la baleine dans les eaux arctiques était une affaire très périlleuse. Les capitaines de navires devaient être à la fois d'excellents navigateurs dans des conditions difficiles et des experts dans l'art de chasser la baleine. Bien que moins célèbres que les explorateurs de l'Arctique qui savaient ravir l'imagination de leur public, c'étaient souvent les maîtres baleiniers qui indiquaient à ces mêmes explorateurs quelle route emprunter dans les mers arctiques et comment adopter les murs inuit pour survivre dans des températures glaciales.
Les maîtres baleiniers savaient que leurs voyages avaient de fortes chances d'échouer : en 1830 seulement, dix-neuf baleiniers britanniques ont été broyés par les glaces du détroit de Davis. Il n'était pas inhabituel de lire dans les journaux d'un village portuaire : « Le navire baleinier disparut avec tout son équipage. » D'ailleurs, plusieurs naufrages ont eu raison de navires connus des Inuits, tels que l'Active, le Seduisante, l'Era, le Ernest Williams, le Tilly, le Essonian, le AT Gifford, le Finback, le Polar Star et le George Henry, pour n'en nommer que quelques-uns.
Les causes des naufrages étaient nombreuses : la mauvaise température, la glace, les rochers, parfois même le feu, qui brûlait les navires jusqu'à la ligne de flottaison. Le froid glacial faisait également planer une menace constante et il n'était pas rare pour un capitaine ou un chirurgien d'amputer des membres gelés. Des accidents ont aussi été la cause de plusieurs décès de marins : certains sont tombés dans l'eau glacée, d'autres ont été frappés de plein fouet par une queue de baleine. Mais le scorbut était de loin la plus grande menace pour la vie des baleiniers. Avant 1850, peu de marins comprenaient que les aliments frais étaient le meilleur remède pour cette maladie.
Un maître baleinier devait à la fois avoir l'expérience et le savoir-faire pour triompher de tous ces dangers et le sang-froid pour faire face à des marins, ou même un équipage rebelle. Dans leurs villages natals, on fait encore honneur aux grands capitaines baleiniers comme William Penny, William Adams, David et Alexander Grays, Alexander et John Murray, Christopher et Edward Chapels, George Tyson, James Mutch, Sydney Budington, John O. Spicer, George Comer, ainsi que des centaines d'autres qui ont eu des vies fascinantes.