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Chants inuit de la baie d’Hudson (1903-1912)

1- Iglulirmiut (Iglulic). Un des chants au sujet du Capitaine Parry, quand on apercevait des navires : ‘Quill ale e tuck’, chanté par Pikey et Puty (388-22).

2- Iglulirmiut (Iglulic).Chants décrivant leurs pensées quand des navires ont été aperçus pour la première fois; chanté par Pikey (388-26)

3- Aivinlingmiut (Iwilic). Ce chant évoque une époque quand les Inuit ne chantaient pas; chanté par Pokey et Shoofly. (389-14)

4-Saquaaturmiut (Shuck vouc tow). Chant de la chasse au caribou. (389-22)

Contribution de l’Université d’Indiana et du Musée d’Histoire naturelle de New York

Chants inuit de la Baie d’Hudson (1903-1912)

Dans son voyage de chasse à la baleine de 1903 à la baie d’Hudson, le capitaine George Comer emporta à bord du Era un phonographe de type Edison Standard avec cinquante rouleaux de cire. Il enregistra des chants et des histoires des Inuit qui visitaient le Era durant les longs mois d’hiver. Ces enregistrements furent les premiers produits dans l’Arctique de l’Est canadien. Grâce à l’autorisation du Musée d’histoire naturelle de New York et de l’Université d’Indiana, quelques unes des pièces enregistrées par Comer sont mises à la disposition des internautes sur notre site.

Capitaine George Comer

La goélette baleinière ERA à Cap Fullerton, baie d'Hudson, Nunavut,1897-1905 101 Ko La goélette baleinière ERA à Cap Fullerton, baie d'Hudson, Nunavut,1897-1905

George Comer, fils de navigateur, est né à Québec en 1858. Comer n'avait que 10 ans lorsqu'il perdit son père. Après la mort de celui-ci, il déménagea avec sa mère à Hartford aux États-Unis pour ensuite d'installer chez une famille de East Haddam au Connecticut. C'est à l'âge de 17 ans, que George Comer s'est embarqué pour sa première expédition nordique à bord du Nile alors commandé par le Capitaine John O. Spicer. Il naviguera ensuite sur l'Era (1889-1892) et le Canton (1893-1894). En 1895, George Comer, agé de 37 ans, est nommé Capitaine de L'Era. Il a occupé cette position jusqu'au naufrage du navire en 1906 au large des côtes de Miquelon. Il est ensuite devenu capitaine du A.T. Gifford de 1907 à 1912. Après 1912, le Capitaine Comer s'est retiré peu à peu de la chasse à la baleine, mais il a continué ses expéditions nordiques. Entre 1875 et 1919, George Comer n'aura été que deux ans sur la terre ferme. Il a survécu à deux naufrages: celui de l'Era en 1906 et ensuite celui du Finback en 1919. Ce dernier naufrage marque d'ailleurs la fin de ses voyages en Arctique de l'Est canadien.

Le capitaine George Comer debout dans les cordages de son navire 78 Ko Le capitaine George Comer debout dans les cordages de son navire

Le Capitaine Comer n'est pas que reconnu pour ses nombreuses excursions, mais également pour ses talents de photographe et ses intérêts pour la géographie ainsi que pour l'ethnologie. Le Capitaine Comer a pris des centaines de photographies de ses compagnons Inuit sur l'Era et sur l'A.T. Gifford et de leur vie quotidienne à proximité de Cape Fullerton. Eber mentionne que c'est d'ailleurs ses photographies qui lui ont valu d'être surnommé Angakkuq par les Inuit : « Inuit call [Comer] angakkuq – the shaman – because he took photographs and was able to perform wonders' (Les Inuit l'appellent [Comer] angakkuq – le chaman – parce qu'il prenait des photographies et parce qu'il était capable « de faire des merveilles)» » (Eber 1989 : xv-xvi). Aujourd'hui, une grande partie de ses archives photographiques peuvent être consultées au musée Mystic Seaport (http://www.mysticseaport.org) au Connecticut.

L'apport du Capitaine Comer à la cartographie de l'Arctique Canadien est considérable. C'est grâce à lui si, dès 1910, la cartographie de l'île de Southampton se dessine. Il a d'ailleurs publié un article au sujet de la cartographie, la géographie et la population de cette île dans la prestigieuse revue de l'American Geographical Society (Comer 1910).

Grâce aux enseignements de l'anthropologue Franz Boas, la contribution du Capitaine Comer à l'anthropologie des Inuit est également remarquable. Contrairement à d'autres baleiniers, le Capitaine Comer parlait couramment l'Inuktitut ce qui lui a permis d'entretenir des liens étroits avec les Inuit. En plus d'avoir photographié leur vie quotidienne, il a ramené aux Etats-Unis des collections importantes d'objets et de vêtements ainsi que le fruit de ses fouilles archéologiques, il a été aussi un des premiers à faire des enregistrements sonores de chants et d'histoires. Sans oublier les masques de plâtre qu'il a fait de plusieurs Inuit. Voici les propos de Calabretta au sujet de la contribution du Capitaine Comer :

His efforts resulted in important contributions in the fields of anthropology, natural history, cartography, and exploration. In addition to extensive and carefully written records, Comer employed photography, archaeology, and even sound recording in his studies of the Arctic and its native people [] Certainly most apparent, as reflected in several major museum collections, are the results of his studies of the Eskimos of the Hudson Bay region. Photography was one of the major tools employed by Comer in this work (Calabretta 1984: 118)

(Ses efforts apportèrent d'importantes contributions aux domaines de l'anthropologie, de l'histoire de la nature, de la cartographie et de l'exploration. En plus des nombreux documents qu'il a rédigés avec soin, Comer s'est servi de la photographie, de l'archéologie et parfois même d'enregistrements sonores pour étoffer ses études de l'Arctique et des peuples autochtones [] On reconnaît plus particulièrement ce souci du travail bien fait dans ses études des Esquimaux de la région de la baie d'Hudson, comme l'illustrent de nombreuses collections de musée. La photographie était un des principaux outils utilisés par Comer pour son travail. (Calabretta 1984 : 118)